Et si votre corps avait un âge différent de celui inscrit sur votre carte d’identité ? C’est tout l’enjeu de l’âge biologique, qui reflète l’état réel de votre organisme, et non le simple nombre d’années écoulées. Longtemps réservé aux coûteux tests épigénétiques, son calcul se démocratise grâce à la méthode Bortz, fondée sur une simple prise de sang. Plus accessible, souvent plus précise, elle repose sur des marqueurs que vous pouvez optimiser. Voici comment, et surtout les valeurs à viser.
Âge biologique : de quoi parle-t-on ?
L’âge chronologique compte les années depuis la naissance. L’âge biologique, lui, mesure l’usure réelle de l’organisme : deux personnes de 50 ans peuvent avoir un corps de 40 ou de 60 ans. Concrètement, il correspond à l’âge de la population de même sexe dont le risque de mortalité équivaut au vôtre.
L’intérêt est immense : contrairement à l’âge chronologique, l’âge biologique peut être amélioré. Le mesurer, c’est obtenir un tableau de bord de sa longévité, capable de révéler jusqu’à vingt ans d’écart, en plus ou en moins, avec son âge réel.
La méthode Bortz : l’âge biologique par une prise de sang
Publiée en 2023 dans la revue Communications Biology du groupe Nature, la méthode Bortz a été développée à partir de la UK Biobank, une base de plus de 300 000 personnes. Son principe : un modèle statistique combinant 25 biomarqueurs sanguins courants pour estimer le risque de mortalité, et donc l’âge biologique.
Sa grande force est d’utiliser des analyses de sang classiques, celles que l’on retrouve souvent dans un bilan annuel. Un calculateur gratuit permet ensuite d’obtenir son résultat. Là où l’âge biologique semblait réservé aux laboratoires spécialisés, il devient à la portée de tous.
Pourquoi elle rivalise avec les tests épigénétiques, pour moins cher
Les horloges épigénétiques, basées sur la méthylation de l’ADN, ont longtemps été la référence. Mais elles nécessitent des puces spécialisées, coûtent souvent plusieurs centaines d’euros et varient d’un laboratoire à l’autre. La méthode Bortz, elle, s’appuie sur une prise de sang standard.
Et ses performances impressionnent : elle prédit la mortalité avec un indice de concordance de 0,778, contre 0,750 pour le modèle sanguin de référence PhenoAge, soit une amélioration d’environ 11 % (données PubMed). Elle rivalise ainsi avec les meilleures horloges pour une fraction du prix. Précisons toutefois, en toute honnêteté, que les tests épigénétiques mesurent une autre couche de la biologie du vieillissement (données PubMed) et conservent leur intérêt en recherche. L’atout majeur de la méthode Bortz reste sa combinaison d’accessibilité, de précision et surtout de marqueurs que l’on peut agir sur (source scientifique).

Les tests à faire et leurs valeurs optimales
Voici les marqueurs les plus déterminants de l’âge biologique, avec leurs valeurs non pas simplement « normales », mais optimales, c’est-à-dire associées à la meilleure longévité :
- Cystatine C (fonction rénale, marqueur le plus prédictif) : environ 0,6 à 0,9 mg/L.
- HbA1c (glycation, glucose moyen) : inférieure à 5,4 % (36 mmol/mol).
- Glycémie à jeun : 0,80 à 0,90 g/L (4,4 à 5,0 mmol/L), sans chercher plus bas.
- Insuline à jeun : inférieure à 6 µUI/mL.
- CRP ultrasensible (inflammation) : inférieure à 1 mg/L, idéalement sous 0,5.
- ApoB (risque artériel, plus fiable que le LDL) : inférieure à 0,80 g/L.
- Gamma-GT (foie, stress oxydatif) : inférieure à 25 U/L.
- ALAT (foie) : inférieure à 25 U/L chez la femme, 30 chez l’homme.
- Ferritine (réserves de fer) : 30 à 100 µg/L, ni carence ni surcharge.
- Albumine : 45 à 50 g/L, dans le haut de la fourchette.
- Vitamine D (25-OH) : 40 à 60 ng/mL (100 à 150 nmol/L).
- RDW (variabilité des globules rouges) : inférieur à 13 %.
Attention à un piège majeur : une valeur « optimale » est un point d’équilibre, pas un extrême. Beaucoup de ces marqueurs suivent une courbe en U : trop bas est aussi néfaste que trop haut. Une glycémie idéale se situe autour de 0,85 g/L, pas à 0,50. Ces cibles, plus exigeantes que les normes de laboratoire, doivent donc être interprétées par un médecin, jamais poussées aveuglément.
Comment interpréter et agir
Connaître son âge biologique n’a d’intérêt que si l’on s’en sert pour progresser. La bonne nouvelle, c’est que ces marqueurs répondent aux mêmes leviers que la longévité elle-même :
- Refaire le test régulièrement : tous les six à douze mois, pour suivre l’évolution plutôt qu’un chiffre isolé.
- Agir sur le mode de vie : activité physique, sommeil, gestion du stress et alimentation influencent la plupart de ces marqueurs.
- Optimiser sa nutrition : maîtrise du sucre, apport suffisant en protéines et alimentation riche en végétaux.
- Soutenir sa vitalité cellulaire : par exemple en prenant soin de son NAD+.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans les grands leviers de la longévité : le test mesure, le mode de vie transforme.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la méthode Bortz exactement ?
C’est un modèle scientifique publié en 2023 qui estime l’âge biologique à partir de 25 biomarqueurs sanguins courants. Développé sur plus de 300 000 personnes, il prédit le risque de mortalité un peu mieux que le modèle sanguin de référence, à partir d’une simple prise de sang.
Est-elle vraiment plus précise que les tests épigénétiques ?
Pour la prédiction de la mortalité, la méthode Bortz rivalise avec les meilleures horloges, pour un coût bien moindre. Les tests épigénétiques mesurent toutefois un aspect différent du vieillissement et gardent leur utilité, notamment en recherche.
Quelle différence entre valeur normale et valeur optimale ?
Une valeur « normale » signifie simplement qu’elle se situe dans la moyenne de la population. Une valeur « optimale » vise la meilleure longévité possible, souvent plus exigeante. Attention : optimal ne veut pas dire extrême, car de nombreux marqueurs suivent une courbe en U.
Où faire ces analyses ?
La plupart de ces marqueurs figurent dans un bilan sanguin classique prescrit par un médecin. Certains, comme la cystatine C ou l’ApoB, doivent parfois être demandés spécifiquement. L’interprétation gagne à être faite avec un professionnel de santé.
Avertissement médical. Les informations de cet article sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un avis médical. Elles ne remplacent pas une consultation. Demandez conseil à un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation, de prendre des compléments alimentaires ou d’entreprendre une nouvelle pratique, en particulier en cas de pathologie, de grossesse ou de traitement en cours. Les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation équilibrée ni un suivi médical.