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Pourquoi éviter les gobelets en carton et en plastique pour le café et le thé

Les gobelets en carton semblent anodins au comptoir du café. Pourtant, dès que le liquide chaud touche leur paroi intérieure, ils commencent à libérer des particules invisibles, et…

14 juillet 2026 6 min de lecture
gobelets en carton

Les gobelets en carton semblent anodins au comptoir du café. Pourtant, dès que le liquide chaud touche leur paroi intérieure, ils commencent à libérer des particules invisibles, et les tasses en plastique rigide ne font pas beaucoup mieux. Entre microplastiques, PFAS et traces métalliques, voici ce que révèlent les études récentes sur ces objets que l’on utilise tous les jours sans y penser, et comment limiter l’exposition sans renoncer à son café ou son thé.

Gobelets en carton : pas que du carton

Un gobelet en carton jetable n’est jamais 100 % papier. Pour rester étanche face à un liquide chaud, sa paroi intérieure est doublée d’un film de plastique (polyéthylène) et, souvent, de composés per- et polyfluoroalkylés, les fameux PFAS, surnommés « polluants éternels » parce qu’ils ne se dégradent quasiment pas dans l’environnement ni dans l’organisme. Les tasses en plastique rigide (polypropylène, polystyrène) posent un problème différent : sans revêtement en papier, c’est directement la paroi synthétique qui est en contact avec la boisson chaude, du premier au dernier centimètre.

Résultat : que l’on choisisse l’un ou l’autre de ces contenants jetables, le geste quotidien du café à emporter s’accompagne d’une petite dose d’incertitude chimique, rarement mentionnée sur le comptoir.

Ce qui migre réellement dans votre boisson

La chaleur et le temps de contact accélèrent la dégradation de ces matériaux. Plusieurs types de substances migrent alors vers le café ou le thé :

  • Microplastiques : des fragments du film plastique se détachent sous l’effet de la chaleur et de l’abrasion.
  • PFAS : ces composés utilisés pour l’imperméabilisation migrent d’autant plus facilement que le liquide est chaud.
  • Métaux traces : plomb, cadmium, chrome et zinc peuvent aussi être relargués, en quantités plus importantes depuis les tasses en plastique que depuis le carton.
  • Ions et composés chimiques : nitrites, chlorures et fluorures ont également été détectés dans les liquides après contact.
gobelets en carton et en plastique empilés
Ces contenants jetables, en carton comme en plastique, libèrent davantage de particules au contact d’un liquide chaud.

Ce que dit la science

Une étude a mesuré la libération de microplastiques par un gobelet en carton exposé à de l’eau chaude : environ 25 000 particules de taille micrométrique relarguées en seulement 15 minutes dans 100 ml d’eau à 85-90 °C, auxquelles s’ajoutent des dizaines de millions de particules submicroniques (Ranjan et al., Journal of Hazardous Materials, 2021).

Une autre étude, portant sur les gobelets en carton et en plastique, a mesuré le relargage d’éléments potentiellement toxiques (plomb, cadmium, chrome, zinc…) dans l’eau chaude : les tasses en plastique libèrent davantage de ces éléments que les gobelets en carton, avec un risque non cancérigène élevé pour le plomb, et une exposition relative deux fois plus importante chez l’enfant que chez l’adulte (Mohery et al., Toxics, 2025).

Côté PFAS, l’ANSES rappelle que ces substances, utilisées comme barrières étanches dans les emballages alimentaires en papier/carton, sont associées à des effets suspectés sur le cholestérol, la fertilité, le foie, les reins et les systèmes endocrinien et immunitaire, d’où l’intérêt de limiter une exposition répétée, notamment chez les enfants et pendant la grossesse.

Pourquoi la chaleur et le temps changent tout

Le facteur déterminant n’est pas seulement le matériau, mais la combinaison température-durée de contact. Une étude comparant plusieurs types de contenants jetables (polypropylène, polystyrène, polystyrène expansé, carton doublé de polyéthylène) a mesuré la libération de particules à 4 °C, 50 °C et 80 °C, sur des durées allant jusqu’à 20 minutes : les comptages les plus élevés ont été observés dans les tasses en polypropylène chauffées à 50 °C pendant 20 minutes, les plus faibles dans les contenants en carton doublé de polyéthylène au froid. Autrement dit, un thé ou un café brûlant, sirotée lentement pendant une demi-heure, expose davantage qu’une boisson tiède bue en quelques minutes (Akbulut et al., Foods, 2024).

En pratique : ce qu’on peut réellement changer

Le risque d’un café occasionnel dans un contenant jetable reste faible. C’est la répétition quotidienne qui pose question, un enjeu de santé préventive au même titre que la gestion de l’inflammation chronique de bas grade, à laquelle une exposition régulière aux microplastiques et aux PFAS pourrait contribuer.

4 réflexes simples pour limiter l’exposition

  • Apporter sa tasse réutilisable (inox, verre, céramique) : la solution la plus efficace, de plus en plus acceptée par les cafés.
  • Éviter les boissons très chaudes et le temps de contact long dans une tasse jetable : la migration augmente avec la température et la durée.
  • Ne jamais réchauffer un gobelet en carton ou en plastique au micro-ondes : la chaleur concentrée accélère fortement la migration.
  • Rincer ce type de contenant avant usage si possible : une étude a montré qu’un simple rinçage à l’eau pure réduit le relargage de microplastiques de 52 à 65 %.

Questions fréquentes

Les gobelets en carton sont-ils pires que les gobelets en plastique ?

Pas forcément « pires », mais différents : les gobelets en carton libèrent surtout des microplastiques issus du film intérieur et des PFAS, tandis que les gobelets en plastique rigide relarguent davantage de métaux traces comme le plomb. Dans les deux cas, la chaleur accélère la migration.

Un café par jour dans un gobelet jetable est-il dangereux ?

À ce stade, rien n’indique un danger aigu pour une consommation occasionnelle. Les études pointent surtout un risque lié à la répétition quotidienne sur plusieurs années, notamment pour les enfants dont l’exposition relative est plus élevée.

Les gobelets « biodégradables » ou compostables sont-ils une meilleure option ?

C’est mieux pour l’environnement en fin de vie, mais cela ne garantit pas l’absence de PFAS ou de microplastiques dans le revêtement intérieur : la mention « compostable » concerne la dégradation du matériau, pas sa composition chimique.

Comment savoir si mon gobelet contient des PFAS ?

Impossible à l’œil nu. En l’absence de mention explicite « sans PFAS » du fabricant, le principe de précaution, limiter les boissons très chaudes dans ce type de contenant jetable et privilégier une tasse réutilisable, reste la meilleure option.

⚕️ Avertissement médical. Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Il ne vise pas à alarmer sur une consommation occasionnelle, mais à informer sur les données scientifiques disponibles. En cas de doute, notamment pendant la grossesse ou pour de jeunes enfants, demandez conseil à un professionnel de santé.
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